Les mots, oui, mais pas que...

Bonjour,

 

Il est coutumier, dans le milieu de la petite enfance, de rappeler aux professionnel-le-s, l'importance des mots qu'ils-elles utilisent avec les enfants.

 

Bien évidemment, nul ne songerait à remettre cela en question, et d'ailleurs, c'est sans doute un travail sans fin, et plus ou moins conséquent selon les personnes, les milieux professionnel, etc.

 

En effet, les mots sont porteurs de sens, et nous savons bien que très tôt, avant même de naître, le bébé en saisi quelque chose, même si nous ne savons pas exactement quoi.

 

Cela fût, d'ailleurs, il y a quelque mois, l'objet d'une soirée avec les assistantes maternelles, intitulée : "ces mots qui entourent l'enfant : une parole toujours bienveillante ?".

 

Lors de cette dernière, nous avions un peu exploré les situations au cours desquelles les enfants se trouvent confrontés à des "mots", et les conséquences que ceux-ci peuvent avoir sur eux (les "étiquettes", parler de ses parents en présence de l'enfant, impact des paroles négatives, les surnoms, etc.)

Cet article n'a pas vocation à revenir là-dessus, mais à souligner l'importance du "non-verbal" en communication.

 

Lors d'une journée de formation sur la littérature orale à laquelle j'ai assisté, l'intervenant indique que l'une des spécificités du conte ORAL, c'est justement la part de non-verbal.

Il nous explique qu'il est extrêmement difficile de retranscrire par écrit un conte raconté oralement, car, il y a énormément de choses qui passent par le corps, les attitudes, les expressions de visage du conteur, les gestes, mais aussi le contexte (de jour, de nuit, le lieu, à l'intérieur, à l'extérieur, statique ou en marchant..).

 

En fait, le conteur véhicule une partie des émotions par ces différents vecteurs, ainsi que par les silences, l'intonation ou la respiration.

Lorsque l'intervenant ajoute qu'en communication les mots représentent 10%, et le non-verbal et le contexte les 90% restant, j'ai tout de suite vu le rapprochement à faire avec notre communication auprès des jeunes enfants.

 

Il a très bien expliqué aussi, comment le bébé s'accroche aux expressions de visage, à l'intonation, etc, pour comprendre la personne qui lui parle, pour entrer en communication avec elle. Nous avons tous/toutes été touché-e-s un jour, par l'intensité du regard d'un bébé, comme s'il tentait de nous "décrypter", concentré sur l'écoute, oui, mais aussi sur tout ce dont nous n’avons pas conscience, à savoir, notre part de non-verbal ! Et c'est en mémorisant cela et en le reliant aux mots, que le bébé accède au sens des mots...

Et nous savons bien, en tant que professionnel-le-s de la petite enfance, que les bébés et les très jeunes enfants sont particulièrement sensibles et réceptifs aux ambiances, aux émotions, etc. Ils les absorbent, s'en nourrissent, tout autant que les mots...

 

Tout ça pour dire que, s'il est indispensable de veiller aux mots que nous employons avec les bébés, les enfants, il est tout aussi important d'être vigilant à notre part de non-verbal, et dans la mesure du possible, d'en prendre conscience, afin de l'adapter au mieux.

Cela concerne par exemple :

  • Notre intonation
  • Le volume de notre voix
  • L'intention véritable qui se trouve derrière les mots
  • Notre état intérieur
  • Nos gestes
  • Nos expressions de visage
  • Nos tensions corporelles, musculaires, etc

...

 

Pour améliorer notre travail auprès des enfants, et nous garantir d'une communication authentique avec eux, il est souhaitable de nous attarder un peu sur toutes ces choses, et d'accepter de nous "regarder".

A quoi bon avoir des paroles rassurantes, si l'on a peur ?

A quoi bon essayer de calmer un enfant, si l'on est soi-même trop énervé et que l'on crie ?

Comment consoler un enfant avec les sourcils froncés ?

Ou encore, le bercer, alors que tout notre corps est en tension ?

Cela a t-il du sens de le féliciter, si l'intention véritable n'est pas celle-ci ?

 

N'oublions pas que les enfants ne sont pas dupes, et sont tout à fait capable de percevoir le décalage entre ce que nous disons et ce que nous dégageons ou ressentons. 

Cela peut créer des contradictions entre ce nous tentons de leur communiquer, et la manière dont ils vont y répondre...

 

Bref, cela montre bien le travail à faire pour faire concorder les mots, leur sens, avec le reste.

C'est une sorte de diapason à trouver, une mise en phase, un ajustement du fond sur la forme.

 

C'est un travail difficile, car la particularité du non-verbal, c'est justement que cela nous échappe, que c'est inconscient, involontaire. Cependant, nous pouvons faire l'effort d'en prendre conscience, pour améliorer la qualité de nos relations avec les enfants.

 

 

A bientôt !

 

 

Les mots, oui, mais pas que...