Marcher à 4 pattes, c'est très important !
Publié le 22 Mai 2019
Bonjour,
Nous avons déjà beaucoup expliqué l'importance de la motricité libre pour le bébé. Nous avons souvent mis en avant ses bienfaits dans le développement global des tout-petits : acquisition du shéma corporel (représentation de son corps dans l'espace), autonomie, estime de soi, etc.
Aujourd'hui, cet article sera dédié à l'importance du "4 pattes", dans le développement.
Cette étape est incontournable dans un développement moteur non contraint, sans intervention de l'adulte. Elle suit la reptation (ramper), lorsque l'enfant parvient à se hisser sur les genoux. Au début, l'enfant tâtonne, parfois commence par se balancer d'avant en arrière...Il a besoin de temps pour comprendre comment avancer.
Le déplacement à 4 pattes n'arrive pas par hasard, ni comme par magie ! A partir de la position sur le dos, il est le résultat de nombreux exercices et efforts de la part du bébé, qui, rappelons le, est programmé pour marcher. Le bébé va donc, naturellement, chercher la verticalité. C'est pourquoi il est toujours en train de se hisser.
D'autre part, le mouvement, le déplacement sont des besoins fondamentaux, qui agissent comme des moteurs.
Nous n'avons par conséquent pas besoin de l'aider, ou de le stimuler.
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Pourquoi est-ce important que le bébé passe par cette étape ?
Le déplacement à 4 pattes va mobiliser et développer de nombreuses compétences. Ces compétences vont elles-mêmes préparer d'autres compétences pour plus tard...Et oui, par exemple, on sait que l'exercice répété de coordination des mains et des yeux qui intervient dans le déplacement à 4 pattes, jouera un rôle favorable dans l'acquisition de la lecture et du geste d'écriture plus tard…

Le bébé qui marche à 4 pattes fait un exercice difficile :
- Ce mouvement se fait à la fois en symétrie, en opposition et en alternance, de chaque côté de la ligne médiane du corps : la main droite bouge en même temps que la jambe gauche, puis la main gauche avance avec la jambe droite. Ce mouvement complexe, croisé, des bras et des jambes entraîne de nombreuses connexions neuronales au niveau de son cerveau.
- De plus, cela demande aux deux hémisphères cérébraux de travailler ensemble, afin de mettre en mouvement et de coordonner les deux côtés opposés de son corps.
- Le 4 pattes développe donc la capacité des deux hémisphères à communiquer entre eux. D'autre part, ce travail en collaboration de l'hémisphère droit et gauche participe au développement du cerveau, ce qui facilitera de futurs apprentissages.
- En se déplaçant à 4 pattes, l'enfant agrandit son espace, il peut se déplacer rapidement et de façon sécurisée sur de plus grandes distances. Il gagne en autonomie, et en plaisir d'explorer (mais ses parents, un peu moins parfois ! :-) )
- Il reçoit des informations précieuses sur son corps : ce sont des perceptions kynestésiques, c'est-à-dire, des perceptions conscientes de sa position ou des mouvements des différentes parties de son corps. Ces perceptions sont très importantes, car elles lui appartiennent. C'est grâce à elles qu'il peut "évaluer" une situation, et, par exemple, savoir comment déplacer son corps dans telle ou telle situation.
- Marcher à 4 pattes fait travailler les muscles, notamment ceux des hanches et du torse, et la rotation de la colonne vertébrale. Cela permet un développement musculaire harmonieux et symétrique.
- Cette musculation prépare à la station debout, c'est pourquoi il n'est pas souhaitable , (tout comme pour d'autres étapes) de mettre l'enfant debout avant qu'il ne sache le faire par lui-même, c'est-dire, lorsque l'ensemble des conditions pour qu'il y parvienne, soient réunies.
Par exemple, l'enfant muscle ses pieds et ses chevilles, car le pied joue un rôle important dans la propulsion à quatre pattes (et même dans la reptation). Ce renforcement musculaire prépare les pieds et les chevilles à supporter le poids du corps lorsque le bébé commencera à se hisser debout.
- Il entraine sa coordination des mains et des yeux, très importante pour de futurs apprentissages.
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Lorsque les enfants se déplacent assis, ou bien avec une jambe repliée, c'est que quelque chose est venu "contrarier" le développement moteur naturel. Il s'agit souvent d'enfants assis trop tôt, qui ne parviennent pas à se sortir de la position assise pour trouver la position à genoux. Pour certains, il s se déplaceront assis. Pour d'autres, seule une jambe va se replier.
Il est souhaitable d'accompagner ces enfants à trouver la bonne position afin qu'ils puissent bénéficier du déplacement à 4 pattes "correct", c'est-à-dire, comme nous l'avons vu plus haut, de manière symétrique, les deux jambes et les deux bras en alternance, de chaque côté de la ligne médiane de leur corps.
Si, malgré des jeux, des mouvements doux, ils n'arrivent pas à effectuer ce déplacement, peut-être est-il judicieux de se tourner vers des kinésithérapeutes ou psychomotricien.ne.s spécialistes de la petite enfance. Aujourd'hui de nombreux médecins sont formés à la motricité du tout-petit, et disposent d'outils pour les aider.
Et si des enfants ne passent pas par le 4 pattes ?
Le mieux pour eux, c'est qu'ils puissent bénéficier de ce mode de déplacement, qui est primordial à de nombreux égards, comme nous venons de le voir.
Cette étape est inscrite dans le développement moteur. Si elle ne survient pas, c'est sans doute que l'enfant a été mis debout peu de temps après la position assise. Bien que ce ne soit pas grave, c'est toujours mieux si on peut proposer des jeux et autres petits exercices incitant l'enfant à se déplacer à 4 pattes (tunnel, marcher "comme un chien, ou tigre, loup", etc.)
Bien sûr, les choses se rattrapent en grandissant, les enfants jouent dehors, courent, font du sport, etc.
Cependant, quand on mesure l'impact positif du déplacement à 4 pattes, on comprend aisément l'importance de leur permettre de passer par cette étape, et ce, aussi longtemps qu'ils en auront besoin.

Belle journée !
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